Déculturation et lente disparition du peuple québécois

Les Québécois ont-ils une mentalité de survivant ? La guerre avec les Anglais au temps de Montcalm et de Wolf a-t-il eu cette répercussion sur le peuple Québécois ? Longtemps, nous avons été les nègres blancs d’Amérique : valant moins que les riches Canadiens anglais, nés pour un petit pain, vivant dans la pauvreté et la misère, faisant des enfants à tour de bras au mépris de la santé physique et psychologique des femmes ainsi qu’au mépris de la capacité des hommes à faire vivre convenablement leur famille, vivant depuis longtemps sous le joug des ecclésiastiques et de la puissante Sainte Église Catholique Romaine…

Nous sommes le petit peuple de Gaulois qui résiste depuis toujours à l’envahisseur. Les francophones du début de la colonie française du temps de Champlain et autres précurseurs, se sont dispersés un peu partout en Amérique du Nord, certains en Louisiane aux États-Unis, en Acadie au Nouveau-Brunswick (qui eux y ont été déportés) et d’autres dans le restant du Canada. Survivre à l’envahisseur, ne pas faire trop de bruits, éviter les chicanes et les disputes, garder un profil bas, ne pas montrer ses richesses, ne pas paraître meilleur que son voisin. S’efforcer d’être transparents, sous-estimés et négligeables pour assurer leur survit, les Québécois ont donné l’impression de s’aplatir plus souvent qu’à leur tour face aux «tous puissants». Nous sommes un peuple fondé par des coureurs des bois, des filles du Roy, des marchands et des paysans en quête d’aventure et d’une vie meilleure.

Avec le temps, nous nous sommes éduqués et scolarisés. Nous avons créé un bon système de santé accessible à tous, et ce, malgré ses lacunes évidentes. Nous nous sommes créé des institutions financières solides et fiables. Nous nous sommes appropriés les richesses de notre territoire, bien que cela fût parfois fait au détriment des peuples autochtones. Nous ne sommes pas un peuple individualiste, nous nous serions depuis longtemps éteints autrement. Nous sommes une collectivité, une communauté. Nous formons un peuple solide, résistant et fier de ses petites réalisations et de ses inventions. Bien que nous nous donnions le droit de «bitcher» ceux d’entre nous qui atteignent des sommets ou qui commentent des faux pas, nous leur pardonnons aisément et nous les appuyons tout de même sans réserve. Nous sommes une famille. Nous sommes québécois.

Nous comptons les uns sur les autres. Nous donnons généreusement (parfois trop) au gouvernement, pour que les députés que nous avons élus démocratiquement prennent soin de nous collectivement, prennent soin des plus faibles d’entre-nous. Nous avons créé notre société distincte. Nous nous sommes libérés de la dominance de l’Église catholique. Nous nous sommes relevés et avons tenté de devenir souverains, mais nous avons refusé de franchir la porte que nous avions nous-mêmes ouverte. Nous avons encore peur de disparaître. Nous avons peur d’être et d’affirmer ce que nous sommes. Nous nous battons constamment contre notre volonté d’avancer et celle de demeurer cacher sous la couette pour ne pas nous faire réprimander.

Les Anglais du début de la colonie ont évolué en Canadiens anglais d’aujourd’hui et encore à ce jour (de même que certains Québécois) ils essayent de faire disparaître ce petit peuple, ces empêcheurs de tourner en rond que sont les Québécois. Cela se fait subtilement et insidieusement. Ils essayent souvent de faire passer cela pour du progrès… Mais depuis toujours nous résistons. Nous résistons… Mais à quel prix ? Celui de notre identité, celui de notre affirmation, celui de notre libération, celui de notre évolution.

Être québécois cela ne veut pas dire habiter au Québec, cela veut dire ÊTRE le Québec avec toutes ses nuances, ses douceurs comme ses aspérités.

 

Différents signes sur les tentatives plus ou moins subtiles d’assimilation du peuple québécois. Tentatives initiées par l’élite du Canada anglais et parfois aussi par les Québécois eux-mêmes

 

Le multiculturalisme, outil d’assimilation massive d’un peuple[1] (jeudi 10 décembre 2009)

«La politique du multiculturalisme canadien semble être directement inspirée de la vision de Franklin Roosevelt, qui avait suivi agacé le débat sur la conscription au Canada. En effet, débordé par les forces de Hitler, il avait démontré une bonne dose d’impatience envers ces empêcheurs d’allez en guerre, qu’étaient ces francophones…

Voici un extrait d’une lettre envoyée au premier ministre canadien Mackenzie King:

Tout cela m’amène à me demander si le Canada et les États-Unis, tentant ensemble vers un but commun, ne pourraient pas établir une sorte de planification – qui n’aurait pas besoin d’être écrite, ni même rendue publique – qui nous permettrait d’atteindre plus rapidement notre objectif d’assimiler les Canadiens français de la Nouvelle-Angleterre et les Canadiens français du Canada dans l’ensemble de nos sociétés respectives… On peut bien sûr, procéder de plusieurs façons, selon les circonstances locales. On pourrait peut-être leur faire miroiter de meilleures chances de réussite dans d’autres régions du Canada et des É.-U. et, en même temps, offrir plus d’occasions aux non-Canadiens français de se mêler davantage à l’autre groupe ethnique dans ses propres communautés.»

 

Élimination de nos croyances et symboles ancestraux

« Il est un principe sacré, à ce que je sache, dans les démocraties constitutionnelles, c’est celui de la liberté. Liberté de pensée, liberté d’expression notamment. Elle n’est pas absolue. Mais quand l’État entend limiter la liberté des individus de manifester leurs croyances profondes, il doit en démontrer la nécessité. »[2]

Les Québécois sont en général assez tolérants envers les religions des uns et des autres. Curieusement cependant, ils deviennent de plus en plus intransigeants envers les preuves et les affirmations mêmes de leur propre religion ou du moins celle de leurs ancêtres. La libération du joug de l’Église catholique a été une excellente chose pour le peuple québécois. Cela lui a permis de se relever et d’évoluer. Cependant, nous avons malheureusement tendance à jeter le bébé avec l’eau du bain comme on dit.

  • Symboles religieux catholiques du Québec

crucifix

Photo : http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-quebecoise/201310/09/01-4697902-quebec-songe-a-retirer-le-crucifix-de-lassemblee-nationale.php

«Maurice Duplessis avait fait installer un crucifix au Salon bleu de l’Assemblée nationale en 1936 pour témoigner des liens étroits entre l’Église et l’État.»[3]

Depuis plusieurs années, le crucifix présent dans la chambre bleue de l’Assemblée nationale est remis en question. Doit-on ou non le retirer ? Les tenants du retrait se font de plus en plus pressants à mesure que les années avancent. Surtout depuis l’histoire de la Charte des valeurs québécoises (voir plus bas). Selon eux, c’est une preuve de l’obscurantisme dans lequel le Québec a baigné durant de nombreuses années, notamment les années Duplessis. À lire : http://voir.ca/daniel-baril/2014/01/30/le-crucifix-de-lassemblee-nationale-une-rupture-davec-lheritage-du-parti-liberal/

Toutefois, je pense que comme le slogan qui orne nos plaques d’immatriculation québécoises (Je me souviens), ce crucifix doit servir à nous remémorer qui nous sommes, les valeurs qui sont les nôtres et de ne pas justement retomber dans nos années noires. Et à ce que je sache, les valeurs dites «chrétiennes ou catholiques» sont, il me semble, de bonnes valeurs. «Aimez-vous les uns et les autres.» «Ne faites pas aux autres ce que vous ne voulez pas qu’on vous fasse.» «Faites aux autres ce que vous voulez qu’on vous fasse.» «Soyez charitable, bienveillant et généreux envers votre prochain.» «Que celui qui n’a jamais pêché lui lance la première pierre.»

Cela importe peu dans le cas présent de croire ou ne pas croire, d’être chrétien, catholique, juif, musulman ou raëlien importe peu, ce n’est pas le fond de l’histoire. Retirer ce symbole, c’est retirer une partie de notre histoire, le reniement de notre passé et des épreuves que nous avons traversées comme peuple.

Je me souviens…

Mais qui s’en souvient encore ? Ou pire, qui s’en soucie encore ? Dans la grande tendance à la mondialisation, à la globalisation des esprits, des philosophies, des gouvernements, qui se soucie encore de l’importance de son histoire, de son passé ? Qui se soucie encore de ne pas commettre à nouveau les mêmes erreurs ?

  • La Charte des valeurs québécoises

La Charte présentée en septembre 2013 visait à affirmer la neutralité de l’État et à interdire le port de signes religieux ostensibles aux employés de la fonction publique et parapublique, tel que les employés du réseau de la santé et les éducatrices des centres de la petite enfance.

Malheureusement ou heureusement, cette fameuse Charte des valeurs québécoises est morte dans l’œuf avec l’élection du parti Libéral et de monsieur Philippe Couillard comme premier ministre le 7 avril 2014[4].

Cette histoire de Charte des valeurs québécoises n’a fait qu’engluer davantage les Québécois dans leur questionnement sur qui ils sont vraiment et sur ce qu’ils veulent. Malheureusement, je ne crois pas qu’ils aient trouvé de réponses qui les satisfassent vraiment.  Et ça, c’est sans parler de la Commission Bouchard-Taylor…

 

Dénigrement et élimination de notre langue

Les Québécois sont le plus gros regroupement de personnes ayant le français comme langue maternelle en Amérique du Nord. La diminution des pourcentages présentés ci-dessous peut paraître minime, insignifiant même, mais étant donné que nous sommes entourés d’une mer d’anglophones, un recul du français au Québec, même minime revêt toute une importance. Les Québécois vivent constamment avec cette épée de Damoclès au-dessus de leur tête, car le français, leur langue maternelle, leur langue d’usage, fait partie d’eux. Les Québécois se définissent par leur utilisation de langue française.

–                     Recul historique du français au Québec ( 2006) [5]

 «Au Québec, le français est la langue maternelle de moins de 80 % de la population actuelle. Statistique Canada n’avait pas observé un si faible pourcentage depuis 1931. La part de la population parlant surtout le français à la maison (sans que ce soit nécessairement sa langue maternelle) a aussi reculé entre les recensements de 2001 et de 2006, passant de 83,1 % à 81,8 %.

Sur l’île de Montréal, la proportion de personnes dont le français est la langue maternelle est passée sous la barre symbolique des 50 %, soit une diminution de près de quatre points en cinq ans. Par ailleurs, désormais, seuls 54 % des foyers montréalais parlent surtout le français dans la cuisine, quelle que soit la langue maternelle.»

  • Recul du français comme langue de travail au Québec (2011) [6]

«Le dernier volet de l’Enquête nationale auprès des ménages (ENM) réalisée par Statistique Canada révèle que le pourcentage de la population québécoise qui utilise le français au boulot est passé de 94,3 en 2006 à 93,9 en 2011.

Ainsi, 81,7 % des Québécois ont déclaré parler français au travail «le plus souvent», 6,6 % «de façon régulière» et 5,5 % «à égalité avec l’anglais».

Si l’on compare avec les données compilées lors du recensement de 2006, les Québécois sont un peu moins nombreux à parler principalement en français sur leur lieu de travail, et un peu plus à l’utiliser à égalité avec l’anglais…

On a remarqué une baisse de l’utilisation unique du français chez les francophones, mais aussi de l’utilisation unique de l’anglais chez les anglophones du Québec.

Le recul du français s’observe par ailleurs à Montréal. Le français comme langue principale au travail s’établit à 71,8 % dans la métropole québécoise, alors qu’il était à 72,2 % il y a cinq ans. En outre, on y utilise également davantage les deux langues officielles à égalité.

… cela s’explique par l’accueil d’un grand nombre d’immigrants, d’une vitalité économique et du statut «international» de la ville.»

  • En 2011, le gouvernement Charest admet le recul du français[7]

« Contre toute attente, le gouvernement libéral vient d’admettre qu’il y a un recul du français à Montréal et ailleurs au Québec. Les libéraux reconnaissent enfin que la langue française est malmenée au Québec et que les efforts pour la protéger sont insuffisants. Il était temps. Maintenant que cette admission est faite, le gouvernement libéral a l’obligation de présenter un plan musclé pour s’assurer que la loi 101 soit respectée. Le temps des paroles est terminé, nous voulons de l’action ».

C’est ce qu’a déclaré le député de Drummond et porte-parole de l’opposition officielle en matière de langue, Yves-François Blanchet, à l’issue du vote unanime exprimé à l’Assemblée nationale sur la motion présentée par le Parti Québécois. Cette motion stipule : « Que l’Assemblée nationale constate et déplore le non-respect des dispositions de la Charte de la langue française en matière d’affichage commercial ».

  • En 2012, le recul du français inquiète le gouvernement Marois[8]

«La proportion de Québécois qui parlent le plus souvent français au foyer a légèrement diminué: de 81,8% en 2006 à 81,2% en 2011. Pour l’anglais, la proportion est stable: 10,7% en 2006, 10,8% en 2008. Mais elle a augmenté pour les autres langues : de 7,6% à 8,1% durant la même période. Une augmentation de près de 73 000 personnes.

Dans la région de Montréal, la proportion de foyers où on ne parle que français a chuté, de 62,4 % en 2001 à 59,8 % en 2006, puis à 56,5 % en 2011.

Statistique Canada explique ce recul par le «faible taux de fécondité» et «l’immigration internationale». Quatre nouveaux arrivants sur cinq au Québec n’ont pas le français ou l’anglais comme langue maternelle.

La proportion d’immigrés qui parlent français au foyer a par contre augmenté, de 21% (2001) à 24% (2011).

  • Dénigrement de la langue française au Canada et au Québec

« (…) Look what happened in Canada, where radical bilingualists have held power in Québec. It is now criminal offense for companies not to give French equal billing with English. It’s doubled the paperwork load, driven up the cost of doing business and forced businesses out of the province.U.S English»[9]

Ma traduction de cette citation : «Regardez ce qui c’est passé au Canada où les bilinguistes radicaux ont élu domicile au Québec. C’est maintenant une offense criminelle pour les entreprises de ne pas faire defactures dans les deux langues (français et anglais). Cela double la quantité de papier, augmentant les coûts pour les entreprises et les forcent à faire des affaires ailleurs que dans cette province.»  O.K. alors si j’en crois cette citation, les clients francophones comptent pour des pinottes ? Les clients francophones ne sont pas de vrais clients ? Ce sont des clients de seconde classe ? J’aime autant que ces entreprises aillent effectivement faire affaire ailleurs dans ce cas.

«Language laws in Quebec that promote the use of French and restrict the use of English are believed to reflect nationalist goals designed to preserve and strengthen the French language within the province, which is criticized as excluding non-French speakers. The Office québécois de la langue française (OQLF), which enforces the Charter of the French Language, has often been called the « language police. » It has been criticized for enforcing sign laws requiring that French wording dominate English and other languages on commercial signs. English-speaking Quebecers strongly oppose these sign laws.[18] The public servants of the OQLF have sometimes been compared to the Gestapo or « brown shirts« .[1][19]»[10]

Ma traduction : «Les lois linguistiques du Québec qui favorisent l’usage du français et restreint l’utilisation de l’anglais sont censées refléter les objectifs nationalistes qui visent à préserver et renforcer la langue française dans la province, ce qui est critiqué, car cela exclut ceux qui ne parlent pas français. L’Office québécois de la langue française (OQLF), laquelle protège la Charte de la langue française, est aussi appelé police de la langue. Elle a été critiquée, car elle fait respecter les lois exigeant que les libellés sur les enseignes commerciales se fassent en français, dominant ainsi l’anglais et les autres langues. Les Québécois anglophones s’opposent fortement à cette application de la loi. Les employés du OQLF sont parfois comparés à la Gestapo ou aux chemises brunes.»

Je trouve particulier que nous Québécois et Canadiens francophones devons constamment nous battre pour obtenir des services en français ailleurs au Canada et pour affirmer notre droit d’avoir la primauté pour le français au Québec.  Les anglophones vivant à Montréal ne sont VRAIMENT PAS mal servis en anglais. Si vous voulez obtenir un service en anglais ailleurs au Québec ? Demandez et vous recevrez. Généralement, les Québécois se fendent en quatre pour répondre aux clients en anglais quand ils le peuvent. Et s’ils ne parlent pas anglais, ils vont baragouiner du mieux qu’ils peuvent pour se faire comprendre de l’anglophone.

Les Québécois sont majoritairement francophones. Ils ont le droit d’avoir des services en français et d’avoir des affiches en français. Nous sommes entourés d’une mer d’anglophones, comment peut-on nous reprocher de vouloir protéger notre langue ? Une façon de plus pour nous discréditer, pour tenter de nous assimiler, tenter de nous faire disparaître.

 

Élimination de nos particularités financières

–                   Hausse d’impôt doublé pour les caisses populaires (août 2013)) [11]

«L’élimination progressive d’un crédit d’impôt pour les caisses populaires ferait doubler l’impôt fédéral payé par le Mouvement Desjardins d’ici cinq ans si Ottawa ne corrigeait pas le tir.»

–                     Élimination du crédit d’impôt pour les fonds de travailleurs

Paradis évoque des mesures de transition pour les fonds de travailleurs[12] (25 mars 2013)

«Dans le budget, le ministre des Finances, Jim Flaherty, a décidé d’éliminer progressivement le crédit d’impôt de 15 % dont bénéficient les cotisants aux fonds de travailleurs, et ce, à partir de l’an prochain. Les plus connus sont le Fonds de solidarité FTQ et Fondaction CSN. …Le crédit d’impôt sera aboli d’ici 2018, ce qui devrait se traduire par des économies de 355 millions de dollars en quatre ans pour Ottawa. …M. Paradis a soutenu qu’aux yeux du gouvernement fédéral, les fonds de travailleurs sont « amplement capitalisés » et qu’il n’y avait donc pas lieu de garder en place « un traitement préférentiel qui a un coût pour le contribuable ». …Le Bloc québécois a dénoncé cette dernière décision lundi, affirmant que le gouvernement préférait « donner des cadeaux aux grandes banques » plutôt que d’encourager les coopératives. »

–                     L’élimination du bas de laine québécois

  1. Selon Jean-Claude Pomerleau : Le démembrement de la Caisse de dépôt en trois temps[13]

«Premier temps : Changement de la loi régissant la Caisse en 2004 (un bâillon dans la nuit). Trois points importants pour la suite des choses.

  1. Changer la mission de la Caisse:
    Le rendement d’abord, l’investissement au Québec n’étant plus une priorité;
  2. Le pouvoir de nomination à la direction de la Caisse qui relevait de l’Assemblée a été transféré au bureau de Charest:
    Charest va s’en servir systématiquement, avec Madame Monique Jérôme-Forget, pour chambarder la haute direction. Ce tripotage politique sera lourd de conséquences.
  3. Le cadre limitant les placements à risque a été élargi:
    Ce changement a permis à la Caisse d’accumuler 9% de son actif dans des produits dérivés (2005-06-07) qui se sont avérés des produits toxiques (papier commercial: PCAA non bancaire). Ce qui explique le fait que les pertes ont été de 10 milliards de plus que les fonds comparables en 2008, avec incidence négative sur le bilan de 2009. Un rendement de 6% de moins que les autres fonds comparables, soit 7 milliards de moins. Donc en deux ans la sous-performance de la Caisse est de 17 milliards !

Deuxième temps : Vider la Caisse de son expertise.

Troisième temps : Transformer la Caisse en fonds indiciel

  1. La crise du papier commercial à la Caisse de dépôt
    • Papier commercial: la Caisse de dépôt à la rescousse[14] (05 avril 2008)

«On a demandé à la Caisse de dépôt et placement du Québec de se porter à la tête d’un plan visant à venir à la rescousse des investisseurs individuels qui détiennent du papier commercial adossé à des créances qui n’ont pas pu faire l’objet de transactions depuis août dernier, selon le Globe and Mail qui cite des sources non identifiées.

En vertu d’une proposition, la Caisse rachèterait jusqu’à 400 millions CAN en papier commerciaux détenus par 1400 investisseurs individuels au prix d’environ 50 cents au dollar.

Ensuite, Canaccord Capital Inc. ainsi que d’autres banques et courtiers mettraient sur pied un fonds pour couvrir le manque, ce qui permettrait aux investisseurs de récupérer la majeure partie de leur argent, précise le journal.

Un plan de restructuration de 32 milliards CAN en papier commercial adossé à des créances est susceptible de tomber à l’eau si l’on ne donne pas satisfaction aux participants individuels parce qu’ils disposent de suffisamment de votes pour s’opposer à toute résolution faisant maintenant partie de discussions par un comité d’investisseurs institutionnels, explique le journal.»

  • Caisse de dépôt: la gestion du risque était «inefficace[15] (08 juillet 2010)

«Au moment de l’éclatement de la crise du papier commercial, la gestion du risque à la Caisse de dépôt et placement du Québec était «inefficace» et accusait un retard par rapport aux pratiques du marché, indique un rapport interne de la firme comptable PricewaterhouseCoopers jusqu’ici tenu secret…. La Caisse a perdu plus de cinq milliards à cause de ses investissements massifs dans le papier commercial adossé à des actifs (PCAA), un titre obligataire à court terme qui a été happé par la crise hypothécaire américaine.»

·                 Les années Rousseau hantent encore la Caisse de dépôt[16] (23 janvier 2012 )

«Il y a trois ans, presque jour pour jour, la Caisse de dépôt et placement du Québec révélait un cratère de 40 milliards $ dans ses résultats financiers, déclenchant un psychodrame national.

Il s’est écrit beaucoup de choses sur cette perte colossale et, pourtant, l’épisode reste encore mystérieux, selon plusieurs témoins de l’époque. À tel point que des experts s’inquiètent du fait qu’il pourrait se reproduire dans un proche ou lointain avenir.

On comprend tous que la Caisse pouvait difficilement afficher un rendement positif en 2008. Cette année, des piliers de Wall Street, comme les banques Lehman Brothers, Bear Stearns, Merrill Lynch et l’assureur AIG, ont soit fait faillite, soit été renfloués par le trésor public. L’indice phare de la Bourse de Toronto a terminé en baisse de 35,5%.

Pour autant, avec un rendement négatif de -25%, la Caisse a fait bien pire que le fonds d’investissement ontarien Teachers (-18%) et que le fonds Omers (-15,3%), deux institutions auxquelles on a l’habitude de la comparer. Qu’est-ce qui explique que la Caisse ait sous-performé à ce point?

Pour l’ancien premier ministre Bernard Landry, toute la lumière n’a pas encore été faite sur l’effondrement de 2008. «Quand vous comparez avec l’étranger, vous voyez que le Québec a été affecté de façon démesurée par le papier commercial», mentionne-t-il.»

 

Retrait de nos héros et figures emblématiques

  • Retrait du nom de Thérèse Casgrain d’un honneur national (27 juillet 2014) [17] [18]

«Première femme à être élue à la tête d’un parti politique au Canada – le Parti social-démocratique au Québec, un ancêtre du NPD -, Thérèse Casgrain a été nommée au Sénat en 1970 par Pierre Elliott Trudeau. Mme Casgrain s’est battue pour le droit de vote des femmes au Québec, qu’elles ont finalement obtenu en 1940. Thérèse Casgrain est décédée en 1981.

Le prix Thérèse-Casgrain du bénévolat, créé en 1982 par le gouvernement libéral de Pierre Elliott Trudeau, a honoré des militants canadiens comme June Callwood jusqu’à ce qu’il soit aboli – sans que cela soit annoncé – par le gouvernement Harper en 2010.  En effet, La Presse canadienne a révélé dimanche (27 juillet 2014) que le nom de Thérèse Casgrain avait été retiré en catimini d’un honneur national pour être remplacé par celui du premier ministre lui-même (Stephen Harper).

Une photo de Mme Casgrain et de sa médaille éponyme sur les billets de 50 $ a également été retirée, en 2012, pour faire place à l’image d’un briseur de glace, dans le cadre d’une nouvelle série de billets. Une photo d’un groupe de femmes surnommées les « Célèbres cinq » a aussi été enlevée de la même coupure.

Le gouvernement conservateur s’est défendu lundi d’avoir voulu minimiser l’importance qu’a eue la féministe et militante dans l’évolution de la société canadienne et québécoise. »

 

Le Québec de plus en plus ignoré et même dénigré par le Canada

  • Le Québec fait-il vraiment partie du Canada ?[19] (21 août 2014)

«La place du Québec dans le Canada ne figure pas sur l’écran radar des Canadiens, a indiqué jeudi la première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne. Au terme d’une rencontre avec son vis-à-vis Philippe Couillard à Québec, la première ministre Wynne a estimé à son tour que le fruit n’était pas mûr pour une reprise des pourparlers visant à réintégrer le Québec dans le giron constitutionnel – dont il est exclu depuis 1982.»

  • Le «Quebec Bashing» est un sport qui se pratique régulièrement dans les médias anglophones du Canada

«Il est devenu acceptable en ce pays de mépriser les Canadiens français en les taxant d’être foncièrement (génétiquement, peut-être ?) xénophobes, butés et racistes. La manœuvre est à la fois tellement transparente et intellectuellement piètre qu’on ne s’y attarderait pas si elle n’était en train de devenir un véritable modèle de dénigrement. (…)Ceux que René Lévesque appelait les «Rhodésiens» du Canada sont en train d’inventer un racisme subtil, politiquement correct. Car, derrière le paravent du multiculturalisme, ce sont les nostalgiques de la supériorité anglo-saxonne qui se cachent; ceux que font enrager l’exception québécoise et le défi qu’elle pose à l’hégémonie culturelle nord-américaine. S’inquiète-t-on beaucoup du caractère trop blanc de la population de St. John’s, de Thunder Bay ou de Medicine Hat?» – Luc Chartrand, L’Actualité 15 avril 2000.[20]

Qu’est-ce que le Québec Bashing ? Wikipédia mentionne que «Le Québec Bashing est une attitude symptomatique de dénigrement du Québec et, plus particulièrement, des francophones et des souverainistes qui y vivent. Cette attitude s’exprime surtout dans le Canada anglais, mais on la retrouve aussi au sein même du Québec de la part de certains fédéralistes, principalement anglophones, mais parfois francophones.

Ce dénigrement peut prendre plusieurs incarnations. Ce dénigrement peut prendre plusieurs incarnations. Dans ses formes les plus virulentes, il consiste en des attaques ad hominem associant les Québécois, ou certains d’entre eux, à des nazis, talibans, terroristes ou à d’autres formes d’extrémisme. De façon générale, ces détracteurs fondent leurs jugements sur des paradigmes et des théories sociales qui assimilent la défense des intérêts collectifs de la société et du peuple québécois à du fanatisme, de l’intégrisme ou du sectarisme.

(…)Certains thèmes récurrents se dégagent des allégations portées à l’endroit du Québec qui sont qualifiées de Québec Bashing. On peut les regrouper en quelques grandes catégories:

  • Il existerait au Québec un fort courant de racisme et de discrimination à l’endroit des Québécois anglophones, des autochtones et des minorités parce que le gouvernement du Québec impose le français comme langue commune, par le biais de la Charte de la langue française. L’organisme public responsable de faire respecter la Charte, l’Office québécois de la langue française, y est décrit comme une « police linguistique » et condamné pour ce que ces auteurs qualifient « d’oppression » des minorités anglophone et allophone (« Une loi injuste parce qu’elle renforce cette perception d’une majorité francophone intolérante qui viendrait opprimer les anglophones » in : Débats De l’Assemblée Nationale du lundi 7 juin 1993 _ Vol. 32 – no 107).
  • Des auteurs affirment qu’un fort sentiment antisémite a animé le Québec au cours de la première moitié du XXe siècle et que ce sentiment explique l’évolution sociale et politique du Québec contemporain. Ces allégations sont souvent fondées un amalgame de certains écrits polémiques du prêtre et historien nationaliste Lionel Groulx et du leader fasciste Adrien Arcand dans les années 1920 et 1930[7]. Par extension, on assimile la société québécoise contemporaine, son gouvernement provincial, le mouvement souverainiste du Québec à une forme de nationalisme ethnique et même au national-socialisme[8].
  • D’autres auteurs arguent la supériorité des Canadiens d’expression anglaise sur la société québécoise ou des conceptions anglo-saxonnes de la démocratie, de la liberté individuelle ou du multiculturalisme[9]. On y dépeint parfois le Québec comme une société déficiente sur le plan économique, aux prises avec une corruption endémique et dominée par le népotisme, conséquences d’un interventionnisme de l’État québécois jugé excessif et de la présence d’un mouvement séparatiste actif[10].
  • D’autres propos s’attaquent à la réputation ou à l’intégrité des leaders politiques québécois indépendantistes et questionnent leur probité[11],[12]. Dans la même veine, on a suggéré de déporter des Québécois souverainistes nés à l’étranger sur la base de leur allégeance politique[13][21]

Dans la version anglaise, d’un article similaire sur Wiki on mentionne : «he existence of a consistent stream of anti-Quebec opinion in English Canada has been challenged by moderate federalist elements in the French-speaking media.,[5] suggesting that allegations of Quebec-bashing are an overreaction to the usual attacks in heated politics.[6][7]»[22] Je trouve particulier que les fédéralistes présents dans les médias francophones tentent de nier ou de diminuer la virulence des attaques envers les Québécois ou les francophones du Canada dans les médias anglophones…

La version anglaise rapporte également ce fait intéressant : «The historian and sociologist Gérard Bouchard, co-chair of the Bouchard-Taylor Commission, has suggested that, as the francophones of Quebec or French Canadian descent consider themselves a fragile and colonized minority, despite forming the majority of the population of Quebec, they have found it difficult to accept other ethnic groups as also being Quebecers. He thinks that an independent Quebec with a « founding myth » based upon un acte fondateur would give the Québécois the confidence to act more generously to incorporate all willing ethnic communities in Quebec into a unified whole.[26]»[23]

Pour avoir des exemples concrets de Québec Bashing lisez http://en.wikipedia.org/wiki/Anti-Quebec_sentiment. C’est en anglais, mais les exemples à la fin de l’article sont tout particulièrement édifiants…

  • Qui se souvient encore de la nuit des longs couteaux et de l’affront fait au Québec ?

Selon Wikipédia, «la phrase La nuit des longs couteaux fait référence à la nuit des Longs Couteaux allemande survenue en 1934 durant laquelle des personnes menaçant le statut politique d’Adolf Hitler ont été écartées des hautes sphères du parti nazi et pour la plupart supprimées. Les observateurs des négociations constitutionnelles canadiennes de 1981 avaient rapidement utilisé cette expression au lendemain de l’entente (sur le rapatriement de la constitution canadienne), qui avait été conclue au cours de la nuit par dix des onze gouvernements canadiens et sans la participation du gouvernement québécois[24]

À ce jour, le Québec n’a toujours pas signé le rapatriement de la constitution canadienne.

 

Les Canadiens, les Québécois (incluant les Canadiens d’origine francophone) et les autochtones : trois solitudes au sein d’un même pays

Au sein de ce grand pays qu’est le Canada vivent trois peuples de façon relativement harmonieuse depuis plusieurs siècles maintenant. Harmonieuse dans le sens pas de guerre civile ni de terrorisme flagrant et continu (sauf quelques rares exceptions). Ils ne se comprennent pas vraiment, mais ils font parfois des efforts pour se comprendre et s’accepter les uns les autres.  Parfois aussi ils s’haïssent ou s’ignorent bien cordialement ou pas cordialement du tout par média interposé, par des manifestations bien bruyantes ou par des barricades bien placées.

On joue à pousse-tire depuis bien longtemps maintenant. Ils veulent se séparer, rester ensemble, être distincts, être autonomes, être indépendants, en partenariat, ou ne rien savoir de personne. Les choses évoluent, changent, progressent ou régressent. C’est une valse à trois temps.

Chacun de ces peuples, avec sa culture et ses sous-cultures, essaye de se distinguer et de progresser pour l’évolution de son propre peuple. Cela se fait parfois au détriment des deux autres, mais trop souvent cela se fait aussi dans l’indifférence des deux autres.

Si notre propre peuple ne s’accepte pas totalement lui-même, avec ses qualités et ses défauts, ses réussites et ses faiblesses, comment voulez-vous que les autres peuples avec qui nous cohabitons au sein du même pays nous acceptent ? Si notre propre peuple ne se connaît pas vraiment lui-même, ne se souvient plus de son histoire, ne reconnaît plus l’importance de ses symboles culturels et religieux, renie sa langue, comment voulez-vous que les autres peuples avec qui nous vivons dans le même pays nous acceptent ?

Mais est-ce ce que nous voulons être acceptés et reconnus ? Ou voulons-nous nous fondre dans la masse d’une culture hégémonique mondiale et finalement disparaître ?

par Aragonne

Liste des citations

[1] http://www.ameriquebec.net/actualites/2009/12/10-le-multiculturalisme-outil-dassimilation-massive-dun-peuple.qc

[2] Yves Boisvert, Dieu fais-moi une crise, La Presse, 27 août 2013. http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/yves-boisvert/201308/27/01-4683490-dieu-fais-moi-une-crise.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4683619_article_POS3

[3] http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-quebecoise/201310/09/01-4697902-quebec-songe-a-retirer-le-crucifix-de-lassemblee-nationale.php

[4] http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lection_g%C3%A9n%C3%A9rale_qu%C3%A9b%C3%A9coise_de_2014

[5] http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/167317/recul-historique-du-francais-au-quebec

[6] http://www.lapresse.ca/actualites/national/201306/26/01-4664985-recul-du-francais-comme-langue-de-travail-au-quebec.php

[7] http://communiques.gouv.qc.ca/gouvqc/communiques/GPQF/Novembre2011/17/c6896.html?slang=en

[8] http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-quebecoise/201210/24/01-4586576-le-recul-du-francais-inquiete-le-gouvernement-marois.php

[9] http://en.wikipedia.org/wiki/Anti-Quebec_sentiment, Les politiques linguistiques canadiennes, Approches comparées. Diane Weber Bederman. July 25, 2013. Retrieved January 28, 2014. p. 65

[10] http://en.wikipedia.org/wiki/Anti-Quebec_sentiment

[11] http://tvanouvelles.ca/lcn/economie/archives/2013/08/20130827-143818.html

[12] http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Economie/2013/03/25/006-ministre-christian-paradis-mesures-transition-fonds-travailleurs.shtml

[13] http://www.ameriquebec.net/actualites/2010/01/25-le-demembrement-de-la-caisse-de-depot-en-trois-temps.qc

[14] http://affaires.lapresse.ca/economie/200901/06/01-691926-papier-commercial-la-caisse-de-depot-a-la-rescousse.php

[15] http://affaires.lapresse.ca/economie/quebec/201007/08/01-4296715-caisse-de-depot-la-gestion-du-risque-etait-inefficace.php

[16] http://argent.canoe.ca/nouvelles/affaires/les-annees-rousseau-hantent-encore-caisse-depot-23012012

[17] http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2014/07/28/003-prix-therese-casgrain-retrait-reaction-npd.shtml

[18] http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2014/07/27/002-prix-therese-casgrain-harper-premier-ministre.shtml

[19] http://www.lapresse.ca/actualites/politique/201408/21/01-4793581-constitution-pour-wynne-le-quebec-ne-figure-pas-sur-lecran-radar.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_BO2_quebec_canada_178_accueil_POS2

[20] http://www.vigile.net/archives/00-3/sanger-chartrand.html

[21] http://fr.wikipedia.org/wiki/Qu%C3%A9bec_bashing

[22] http://en.wikipedia.org/wiki/Anti-Quebec_sentiment

[23] http://en.wikipedia.org/wiki/Anti-Quebec_sentiment

[24] http://fr.wikipedia.org/wiki/Nuit_des_Longs_Couteaux_(Qu%C3%A9bec)

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