Provocation machiavélique

Le gouvernement québécois est en train de mettre en oeuvre toutes sortes de coupures dans divers ministères, programmes, etc. Soit. Mais, que l’on soit d’accord ou pas avec ces coupures, il m’est impossible de ne pas supputer une certaine forme de rébellion machiavélique de la part des fonctionnaires à qui il est demandé d’effectuer ces coupures. Rébellion qui ressemble aussi à de la provocation, histoire de se faire bien voir ou même plaindre par la population, histoire aussi de discréditer ce gouvernement en montrant du doigt ces affreux personnages qui prennent des décisions aussi absurdes que révoltantes. Comment s’y prennent-ils? Simple, très simple. D’abord il suffit de prendre soi-même ces décisions. Ensuite, il suffit de les imputer au gouvernement en question. Enfin, on publicise le tout et on déclenche une guerre qui n’a pour unique but que de discréditer cette autorité. Tactique simple, efficace. Il suffit donc de couper ou menacer de couper aux endroits sensibles, même si les économies réalisées (ou réalisables) sont minces. Une façon radicale de faire porter tout l’odieux au gouvernement en prenant une partie de la population en otage. L’arbre qui cache la forêt… Alors on coupe « stratégiquement »:

— réduire le budget pour l’aide aux devoirs [commissions scolaires]
— réduire l’infime salaire (« l’allocation de fréquentation » de 4,30$/jour) pour les personnes handicapées [agence de santé de Montréal]
— réduire les budgets ou même les supprimer en ce qui concerne la lutte contre l’intimidation [commissions scolaires]
— faire disparaître des conservatoires en région [secteur culturel]

Que l’on soit d’accord ou pas avec ces coupures n’est pas le propos.
Que l’on aime et apprécie ou pas ce gouvernement n’est pas non plus la question.

Ce qui est important, c’est la symbolique et la portée politique.

La seule question, le seul constat est sans doute celui-ci: «Ces coupures sauvages sont-elles —étaient-elles— le seul choix possible?». Si oui, pour quelles raisons précises, étayées, argumentées. Sinon, il ne s’agit qu’une forme lâche et sournoise de contestation et de désignation de bouc émissaire par le travers psychologique que l’on nomme « projection ».

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3 réflexions sur “Provocation machiavélique

  1. Ce qui me fâche, c’est que le gouvernement provincial libéral des dix dernières années nous ont allégrement voler et fourrer (excusez-moi la vulgarité), on n’a qu’à voir les saloperies qui sont sorties de la Commission Charbonneau, et pourtant l’ancien PM Charest n’a pas été interrogé, même s’il me semble qu’il était au centre du gouvernement et pas mal proche des gamiques. Et là, le gouvernement libéral nous impose des mesures d’austérité sévères qui s’il ne nous avait pas entourloupé avec les entreprises de construction et d’ingénérie, on n’en serait pas rendu là. Ou en tout cas, ça serait moins pire. Bref… c’est frustrant de devoir payer deux fois.

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  2. Je suis d’accord avec toi Aragonne. Je te dirais cependant que le PQ, lorsque c’était son tour a utilisé les mêmes manœuvres et à mes yeux, l’un n’est pas mieux que l’autre. C’est sûr que Charest aurait dû être interrogé de façon « serrée » (comme Henri-Paul Rousseau qui lui non plus n’a pas été inquiété pour des MILLIARDS de dollars perdus); mais en plus de Charest, il y aurait dû aussi avoir (ceux qui sont encore en vie): les frères Johnson, Parizeau, Landry, Marois, etc. etc. Pour ma part je ne crois ni à l’honnêteté ni à la vraie transparence d’un seul parti politique. Comme disait Coluche «Un pour tous, tous pourris!»

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