Allégorie sur la société des moutons

L’étau de la peur : pression efficace et insidieuse pour la soumission de la population

 «Attention mon petit mouton, de vilains virus et bactéries en veulent à ta vie. Craint Ébola, grippe H1N1, grippe H5N1, VPH, cancers, Hépatite A, B, cholestérol, etc. pour que nous puissions te gaver d’antibiotiques, de vaccins et autres médocs et ainsi nous enrichir grâce à ta peur»

 Un étau serre la gorge du mouton… La peur lui tenaille le ventre.

Le mouton se fait dire que sa santé et celle de sa famille sont en péril !

Les autorités médicales et pharmaceutiques lui disent que s’il ne fait pas ce qu’on lui dit de faire (prends ces pilules quotidiennement, fais-toi vacciner pour la maladie A-B-C-D-E-F, etc.), il augmente les risques et effets néfastes sur sa santé et celle de sa famille. On lui dit que les risques de contaminations sont importants, qu’il met à risque son bien-être et celui des êtres qui lui sont chers. On lui fait peur sur la fragilité de sa santé et celle de sa famille. On insinue qu’il contribue au bien-être du troupeau s’il obéit sans poser de questions.

Il ose tout de même poser des questions sur la pertinence et l’efficacité de tous ces traitements préventifs ou curatifs. Malheureusement pour lui, les réponses varient selon l’expert à qui il pose la question. Le pharmacien lui répond A, le deuxième pharmacien lui répond B, le représentant de l’industrie pharmaceutique lui répond C, son médecin de famille lui répond D, son médecin spécialiste lui répond E et le gouvernement en rajoute en lui répondant que toutes les réponses sont bonnes et qu’il doit suivre les instructions et commandements du gouvernement parce que ses ministères savent ce qui est bon pour lui, pour sa famille, pour le troupeau.

Un mouton suspicieux n’est pas satisfait de ces réponses parfois contradictoires, parallèles ou complémentaires. Il pousse plus loin la réflexion. Il cherche d’autres sources d’information. Ces autres sources, qui viennent aussi du milieu médical, pharmaceutique, mais aussi des médecines alternatives, des courants écologiques, biologiques, ésotériques, spirituels ou par de simples citoyens moutons qui se croient bien informés et quoi d’autres encore, argumentent sur les motifs réels des sources d’informations plus officielles et incitent le mouton suspicieux à ne pas faire ce que celles-ci lui suggèrent de faire, car il augmenterait alors les risques et effets néfastes sur sa santé et celle de sa famille. On lui fait peur sur les conséquences de faire ce que le courant officiel lui dicte de faire. Notre pauvre mouton ne sait plus qui croire !

Un étau serre la gorge du mouton… La peur lui tenaille le ventre.

Il refrène difficilement les larmes qui lui montent aux yeux face aux conséquences possibles de ses «mauvais» choix. L’angoisse empoigne son cœur de mouton. La peur gouverne ses pensées et guide inévitablement ses pas dans ce qui semble être l’obscurité, mais qui en fait n’est que l’ignorance des conséquences réelles de ses actes et actions ou de son absence d’action, son refus d’agir. Il avance à tâtons dans l’obscurité de la vie. Des courants qu’il ne contrôle pas influencent la direction de ses pas. Il pourrait aisément tomber dans le vide des abysses, car il ne sait pas, il ne voit pas où il met les pieds. Seul le chemin derrière lui est clairement visible et seul quelques pas devant lui, lui sont accessibles. Les bergers, les chiens de berger et les loups le cernent de toute part. Il sent leurs odeurs, même s’il ne peut pas toujours les distinguer dans l’obscurité.

«Paye, paye, paye encore et toujours, paye encore mon petit mouton d’amour.»

 Un étau serre la gorge du mouton… La peur lui tenaille le ventre.

Il réalise que son niveau de vie et son avenir financier ainsi que ceux de sa famille sont en péril !

Les journaux, citant de grands économistes, le disent tous, la classe moyenne disparaît, les moutons sont de plus en plus étranglés par leurs trop nombreuses dettes. C’est la bergerie des loisirs, mais des loisirs à crédit, car le crédit est facile et les loisirs de plus en plus dispendieux, car justement, le crédit est facile alors pourquoi ne pas offre plus, plus cher ? C’est un cercle vicieux.

Étant responsable de son avenir financier et des conséquences de celui-ci sur son bien-être et celui de sa famille, le mouton consciencieux rédige minutieusement son budget bimensuel, mensuel et annuel. Il essaye de le suivre à la lettre. Il paie ses factures scrupuleusement, même si parfois, il doit le faire à crédit, sachant très bien qu’il ne fait alors que reporter à plus tard le paiement d’une dette. Curieusement, ses revenus augmentent, mais ses dépenses augmentent encore plus. D’une année à l’autre, la tranchée se creuse davantage. Il fait des efforts, il coupe par ci, il coupe par là. Malheureusement, ce n’est jamais suffisant. Les coûts de la vie augmentent plus vite que l’augmentation de son revenu familial. Les factures d’électricité, de télévision, d’Internet, de téléphones et cellulaires, l’épicerie, l’essence, les assurances (santé, dentaire, voitures, maison, vie), les frais scolaires, les vêtements, les coûts d’entretien et de réparation de la maison et quoi d’autres encore, ne cessent d’augmenter d’une année à l’autre. Et souvent, l’augmentation de cette année est supérieure à l’année précédente. C’est exponentiel. De plus, sitôt qu’une dette se libère, comme par magie, arrive un événement imprévu qui en génère une autre. Le mouton consciencieux ne vient jamais à bout de ces dépenses continuelles.

Pour balancer ses sorties d’argent incessantes, le mouton consciencieux vérifie la source de ses revenus. Rien pour le rassurer. Ils sont en dents de scie depuis les dix dernières années. Deux arrêts d’un an pour grossesse (dans le cas d’une brebis) ou de quelques mois pour maladie professionnelle : les troubles musculo-squelettiques (la tendinite de l’épaule, la tendinite du canal carpien, l’épicondylite, la lombalgie, la sciatique, etc., qui sont provoquées par un travail répétitif des muscles, des tendons et des nerfs, concernent toutes les professions) sont les maladies professionnelles les plus fréquentes. « Alors que les troubles de la santé mentale contribuent sensiblement à la déficience et à l’invalidité professionnelles de même qu’à l’absentéisme au travail. Cela est particulièrement vrai pour la dépression, principale cause d’invalidité dans bon nombre de secteurs professionnels. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, la dépression arrivera, d’ici à 2020, au deuxième rang des causes d’invalidité les plus fréquentes dans les pays développés.»[1] Le mouton peut ajouter aux troubles de sa santé physique et/ou mentale (causés par son environnement professionnel) plus ou moins quatre ou cinq pertes d’emploi reliées au contexte économique. Ainsi à plus ou moins sept reprises, il a fait vivre sa famille à crédit pour des périodes de quelques mois. On coupe bien sûr dans ce qui est luxueux, mais vient un moment où il ne reste plus de luxe, il ne reste que le quotidien. Où couper alors tout en sachant très bien que cette période est temporaire ? Avec les années, le mouton consciencieux finit par se rendre compte que bien que ces périodes soient en effet d’une durée temporaire, elles reviennent pourtant inlassablement. Petit à petit, le mouton creuse son trou, petit à petit, il le rebouche et petit à petit, il le creuse de nouveau. C’est un cercle sans fin.

Heureusement, son conjoint/e a un emploi stable et peut faire du temps supplémentaire à l’occasion et lui enfin, a obtenu la sécurité d’emploi. Une chose de plus en plus rare de nos jours. Il compte bien s’y accrocher avec l’énergie du désespoir. Mais en période d’austérité qui sait s’ils ne décideront pas de couper tout de même dans les emplois permanents et réguliers ? En période d’austérité, après avoir raclé les fonds de tiroir et couper tous les petits luxes et les services non-essentiels des moutons, ils finiront peut-être aussi par couper dans la masse salariale des moutons. En plus du gel d’embauche décrété au printemps dans la fonction publique, le premier berger Couillard veut imposer un gel des effectifs jusqu’au 1er avril 2016 dans le grand secteur parapublic de la Bergerie, lequel comprend les réseaux de l’éducation et de la santé, ainsi que les sociétés d’État comme la Société des alcools du Berger ou Hydro-Berger.[2] C’est ce qui coute le plus cher dans une entreprise, la masse salariale. Qui sait alors si le couperet ne tombera pas… encore une fois… sur sa chaise ? Inévitablement, le mouton est inquiet et essaye de ne pas tenir trop son emploi à coeur, de peur justement de se faire couper l’herbe sous le pied encore une fois. Tous les moutons (et nous le sommes tous d’une façon ou d’une autre) sont remplaçables, non indispensables, réutilisables, biodégradables. Les entreprises ne sont pas des personnes, ce sont des choses sans cœur qui ne pense qu’en termes de chiffre, de bénéfice, de déficit, de coût. L’employé est un chiffre sur un chéquier et lorsque l’austérité vient, le couperet tombe, mais où ? Là est la question. Parfois, c’est ce mouton. Parfois, c’en est un autre. Parfois, c’est vous !

Le mouton inquiet regarde son budget. Il a atteint sa limite de petites coupures. Les prochaines coupures saigneront nécessairement. Mais quel membre trancher en premier ? Lequel sera le moins douloureux ?

Un étau serre la gorge du mouton… La peur lui tenaille le ventre.

Le mouton refrène difficilement les larmes qui lui montent aux yeux. L’angoisse lui empoigne le cœur. La peur gouverne ses pensées et guide inévitablement ses pas dans ce qui lui semble être l’obscurité, mais qui en fait n’est que les conséquences inéluctables de la lutte financière quotidienne de la classe moyenne des moutons. La classe moyenne est en train de disparaître. Bientôt, ce sera les bergers contre les agneaux. Inévitablement, la classe moyenne des moutons ordinaires sera poussée dans l’un ou l’autre des deux camps.

La colère gronde, la fureur se tapit dans les cendres que l’on croyait éteintes.

Parfois aussi la colère gronde, la colère monte et remplace la peur. Cela amène à des coups d’éclat, des coups de gueule, des fracas médiatiques et publics. Les bergers envoient leurs chiens de berger chercher les moutons noirs, les brebis galeuses parmi le troupeau. Ils envoient rechercher ceux qui ont osé dénoncer aux médias les coupes, les vols, les entourloupes. Ils recherchent les whistleblowers, les dénonciateurs, les empêcheurs de tourner en rond. Lorsqu’ils les trouvent, ils les jettent en cage ou hors de la bergerie. Il arrive aussi que ceux-ci se cachent ou fuient la bergerie vers d’autres cieux qui leur semblent plus cléments. Et en d’autres occasions, ils restent tapis dans l’ombre et attendent le prochain coup d’éclat. Les bergers et les loups reçoivent les éclats des petits moutons qui en ont assez. Puis, cela se calme et les petits moutons rentrent dans les rangs pour un certain temps. Les loups se tiennent tranquilles et les bergers ont distribué des bonbons d’une douce amertume. Et lorsqu’il ne restera que l’amertume dans la gorge des petits moutons, qui sait quelle sera leur réaction.

Lorsqu’ils ne leur resteront que l’amertume en bouche. Lorsqu’il n’y aura plus de moulée et que l’indifférence des bergers envers leurs moutons se fera trop criant, le désespoir remplacera alors la colère dans le coeur des moutons. Il s’agit d’un sentiment bien plus dangereux que la colère et la peur. Le désespoir accule le mouton au pied du mur, il n’y a plus de portes de sortie et il l’amène à commettre des actes désespérés face à des situations désespérantes. Le pire survient lorsque le désespoir atteint une population entière, lorsque le troupeau entier est désespéré. Le troupeau est prêt alors à mettre le feu et le sang à sa bergerie, à la maison du berger et à la tanière des loups pour obtenir un changement dans ses conditions de vie.

Le monton tondu– Petit mouton, petit mouton, laisse-moi entrez dans ta maison, dit le loup.

– Non point, lui répond le mouton.

– Alors dans ce cas, je soufflerai si fort que ta maison s’envolera et je pourrai alors te manger.

Et c’est ce que fit le loup, car le berger était trop occupé à compter l’argent que lui rapportera la laine qu’il avait si souvent tondu sur le dos de ses moutons. Où était le chien de berger quant à lui ? Il était dans sa niche et bien trop occupé à grignoter le gros os de mouton que le loup lui avait apporté.

 

Comptine du mouton, du berger et du loup

 Viens, viens petit mouton que je te tonde

Ta laine est si douce sous mes doigts

Viens, viens petit mouton que je te tonde

Ta laine paiera mes repas

Viens, viens petit mouton que je te tonde

Du froid sur ta peau, tu sentiras

Viens, viens petit mouton que je te tonde

Surtout ne t’en fait pas

Viens, viens petit mouton que je te tonde

Ta laine repoussera

Viens, viens petit mouton que je te tonde

L’heure du repas approche à grand pas

Viens, viens petit mouton que je t’égorge

Le berger ne peut rien pour toi

Viens, viens petit mouton que je t’égorge

Car c’est l’heure de ton trépas

Viens, viens petit mouton que je t’égorge

Car le loup a pris place pour le repas.

[1] http://www.comh.ca/antidepressant-skills/work/resources/physicians/index-fr.cfm

[2] http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/politique/201410/09/01-4808019-secteurs-public-et-parapublic-fin-de-la-croissance-des-effectifs.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_national_4572_section_POS4

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