Pour en finir avec les connards

Jusqu’à la semaine dernière, j’étais un peu enragée de lire la dérape de certains commentaires d’hommes et de femmes qui ne pensent pas plus loin que le bout de leur nez, qui ne voient les choses que par la petite lorgnette de leur vision rétrograde.

Je parle de tout ce qui a déboulé à la suite des multiples dénonciations (#rapedneverreported et #agressionnondenoncee) en lien avec les agressions sexuelles, les viols, les abus sexuels ainsi que de toutes les formes possibles et inimaginables de harcèlements sexuels incluant les exhibitionnistes et les voyeuristes et que sais-je encore. Premièrement, quand quelqu’un t’impose sans ton consentement son sexe, qu’il soit réel ou virtuel et ce, par le touché, la vue, l’ouïe, le goût, la parole ou l’odorat c’est une agression sexuelle. Deuxièmement, quand quelqu’un t’impose sans ton consentement son touché, sa vue, son ouïe, sa parole, son goût ou son odorat sur TON sexe ou une autre partie de ton corps que tu penses sexuée, qu’il soit réel ou virtuel, c’est une agression sexuelle.

Selon le CAVAS, la définition d’une agression sexuelle est :

«Agresser sexuellement une personne, c’est lui imposer des attitudes, des paroles ou des gestes à caractère sexuel contre sa volonté ou sans son consentement. L’agresseur peut avoir recours à la manipulation affective, à la manipulation matérielle (argent, cadeaux, faveurs, etc.), à l’intimidation, à la menace, au chantage et à la violence verbale, physique ou psychologique. Tous les termes suivants correspondent à des gestes ou à des activités qui constituent une agression sexuelle : les baisers à caractère sexuel, les attouchements, la masturbation et le frottement des organes génitaux, le contact oral-génital (fellation et cunnilingus), la pénétration, la production ou le visionnement de matériel pornographique , le harcèlement sexuel, l’ exhibitionnisme, le frotteurisme, le voyeurisme, le viol, l’ abus sexuel et l’ inceste.»

La «maltraitance» sexuelle peut prendre plusieurs formes et être insidieuse. En passant du pervers pépère, au mon’oncle cochon, à la main aux fesses, au sifflage dans la rue, aux commentaires et blagues (qui n’en sont pas nécessairement) déplacées.

Je pensais, dans ma grande naïveté, qu’il y avait seulement 1 femme sur 5 qui avait vécu, à un moment où à un autre, ce genre d’intimidation et d’agression. En fait, il parait que se serait plutôt 1 sur 3.

Selon le Ministère de la santé et des services sociaux du Québec :

«Des chiffres qui parlent :

  • 1 femme sur 3 a été victime d’au moins une agression sexuelle depuis l’âge de 16 ans. 
  • 1 homme sur 6 sera victime d’une agression sexuelle au cours de sa vie. 
  • Les 2/3 des victimes sont âgées de moins de 18 ans. 
  • 82 % des victimes d’agression sexuelle sont des femmes. 
  • Plus de 75 % des jeunes filles autochtones âgées de moins de 18 ans ont été victimes d’agression sexuelle.
  • 40 % des femmes ayant un handicap physique vivront au moins une agression sexuelle au cours de leur vie. 
  • 1 femme sur 7 est agressée sexuellement au moins une fois par son conjoint. 
  • Près de 8 victimes sur 10 connaissent leur agresseur. 
  • 7 victimes sur 10 ont été agressées sexuellement dans une résidence privée. 
  • Près de 90 % des agressions sexuelles ne sont pas déclarées à la police.

Toutes ces statistiques sont tirées de :

  • Ministère de la Sécurité publique (2006). Les Agressions sexuelles au Québec.
    Statistiques 2004
    . Sainte-Foy, Québec: Direction de la prévention et de la lutte contre la criminalité. Ministère de la Sécurité publique.
  • Gouvernement du Québec. Orientations gouvernementales en matière d’agression sexuelle. Ministère de la Santé et des Services sociaux. 2001.»

Alors à tous les connards et connasses qui disent n’importe quoi sur les réseaux sociaux, dans les médias et même en privé, je dis :

«Si t’as rien de bon ou d’intelligent à dire sur le sujet, FERME TA GUEULE !!!»

Par ailleurs, je trouve pitoyable toutes les personnes qui dénoncent des agressions qui sont faussent. Je trouve pitoyable les personnes qui inventent des histoires fausses dans le but de nuire à d’autres ou pour se venger. Les dénonciations peuvent sauver des vies, mais elles peuvent aussi en détruire.

Sachez également que quand on parle, quand on se confie sur une agression sexuelle ou un harcèlement sexuel qu’on a subi à une personne de confiance que se soit notre chum/blonde, notre époux/épouse, notre conjoint/e, notre père/mère, notre frère/sœur, notre ami/e ou à toute autre personne en qui nous avons confiance qu’elle soit de sexe masculin ou féminin, et que cette personne ne nous croient pas ou pire qu’elle pense ou nous dise qu’on a provoqué les choses, qu’on l’a bien cherché, qu’on a aimé ça, cela fait aussi mal psychologiquement que l’agression en elle-même.

Alors, parfois si les victimes ne dénoncent pas à la police, ne portent pas plainte aux autorités, c’est parce qu’elles ne sont pas écoutées, elles ne sont pas crues, elles sont rabrouées, elles sont insultées ou sont carrément ignorées par les personnes en qui elles avaient toute confiance pour se confier.

Alors à tous les connards et connasses qui disent n’importe quoi sur les réseaux sociaux, dans les médias et même en privé, je dis :

«Si t’as rien de bon ou d’intelligent à dire sur le sujet, FERME TA GUEULE !!!»

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5 réflexions sur “Pour en finir avec les connards

  1. Encore une fois (et ce n’est pas pour être désagréable), je ne suis pas d’accord… Et je ne me considère pas comme un connard et encore moins un agresseur. Il y a eu un débat (auquel j’ai participé) sur le Huffington Post à ce sujet (on y parlait bien évidemment de Pierre Foglia). J’ai également écrit ceci:
    «C’est tout de même incroyable que dans un pays qui se croit (et se dit) « civilisé », on puisse trouver normal de qualifier un acte « d’agression sexuelle », même SANS CONTACT… Dans cette dernière situation, je veux bien concéder qu’on puisse parler « d’insistance verbale » et même « d’agression verbale » s’il y a de la violence (terme à définir!) mais D’AGRESSION SEXUELLE?? SANS CONTACT?? C’est du pur délire.»

    Tu dis que tu es contre les accusations non-fondées. Bien sûr. Moi aussi. Tant mieux. Mais la définition abusive du CAVAS incite à ce genre de mensonges. Le nombre de fois où, dans un cas de divorce, l’accusation d’agression (contre le mari, le père des enfants, etc.) sert en fait de prélude à une demande de divorce est une catastrophe. Je connais bien ces groupes de pères, j’en ai fait partie, j’en ai même co-fondés.

    Même toi, dans ton texte, il y a du procès d’intention et de la nette exagération. Quand tu parles des exhibitionnistes, des « voyeuristes » (« voyeurs », si tu me permets cette correction); ce n’est pas de l’agression. Il n’y a ni contact ni violence. C’est de l’indécence, (sur la voie publique ou ailleurs), c’est de la grossièreté, du harcèlement, tout ce que tu veux; mais PAS une agression.

    Quand tu écris:
    «Premièrement, quand quelqu’un t’impose sans ton consentement son sexe, qu’il soit réel ou virtuel et ce, par le touché, la vue, l’ouïe, le goût, la parole ou l’odorat c’est une agression sexuelle. Deuxièmement, quand quelqu’un t’impose sans ton consentement son touché, sa vue, son ouïe, sa parole, son goût ou son odorat sur TON sexe ou une autre partie de ton corps que tu penses sexuée, qu’il soit réel ou virtuel, c’est une agression sexuelle.».

    Il y a alors plusieurs problèmes…

    Par exemple, il est facile et normal d’être d’accord avec la toute première partie (le fait d’imposer). Mais comment peut-on « imposer virtuellement »? On t’envoie une photo porno? Autre chose? Je ne vois rien de pire dans un cas de figure « virtuel »; et alors là, il s’agit de harcèlement, mais pas d’agression. Et tu as toujours la possibilité de fermer ton navigateur, ta fenêtre, ton écran, le journal, etc. Tu exagères encore davantage lorsque tu supposes une agression par « l’ouïe, le goût »… Il va falloir que tu expliques ça parce que je ne vois pas comment ce genre « de harcèlement » (et encore moins d’agression) peut se réaliser concrètement. T’imposer une parole??? Une agression sexuelle par le « goût »??? Ça se passe comment ça? Explique un peu… S’il y a violence c’est une agression, dans un autre cas c’est du harcèlement. Il faut appeler un chat « un chat ». Mais pas appeler un chat « un lion »…

    Ta définition d’agression sexuelle est tellement large que même ce « droit de réponse » pourrait être considéré comme tel. Alors que ce n’est ni le cas ni le but. D’ailleurs, dans tes « définitions », tu ne parles nulle part de la notion de « non-consentement » et surtout aucun mot au sujet de l’INTENTION… ce qui reste pourtant fondamental et élémentaire comme critère. Avec ta définition hyper large, tu pourrais accuser d’agression sexuelle une personne que tu voies, chez elle, nue, ou en partie nue; juste parce que —par hasard ou volontairement— tu marchais dans la rue et que tu as jeté un coup d’œil à l’Intérieur de la maison. Avec ta définition, n’importe qui, n’importe quand peut être « coupable ». C’est inadmissible. Et, personnellement, je combattrai toujours ce genre d’abus de langage.

    Pour en revenir au CAVAS, leur définition est un scandale. Celle du MSSS aussi. Voir ce lien:
    http://www.msss.gouv.qc.ca/sujets/prob_sociaux/agression_sexuelle/index.php?cest-quoi-au-juste

    Le CAVAS parle donc « d’imposer une attitude »? Il va falloir qu’on m’explique… Imposer un « comportement » (à la limite), un contact (ça, c’est évident), je veux bien. Mais une « attitude »? C’est, encore une fois, la porte ouverte à tous les abus. L’agresseur peut avoir recours à de « la manipulation affective » (ce en quoi, d’ailleurs, nombre de femmes sont expertes). Et alors? Tant qu’il n’y a pas CONTACT, ce n’est QUE de la manipulation, PAS une agression. Je suis d’accord, la manipulation, ce n’est pas bien. Mais ça n’est que ça. Assimiler manipulation et agression est un abus intolérable. Même raisonnement pour l’argent, les cadeaux et le reste. Tout ça peut-être de la manipulation ou une « tentative » de manipulation (qui n’a strictement RIEN à voir avec un viol, quand même!!!). Mais c’est tout, encore une fois.

    Sinon, avec cette définition scandaleuse et ignoble, une femme qui accepté un baiser sur la joue après qu’un homme lui ai offert un repas ou des fleurs pourrait, selon la définition du CAVAS porter plainte pour agression. Ce serait alors un ignoble délire, un mensonge éhonté. Même ce texte pourrait passer pour une agression! Même un homme qui prend sa douche, s’il est aperçu par une hystérique, pourrait être accusé d’agression! (Tandis que « l’observatrice », ne sera elle, jamais accusée de voyeurisme???). Scandaleux!

    Toujours sur le Huffington, je répondais ceci à un intervenant (qui allait un peu dans le même sens que toi, à peine moins exagéré):
    «De plus, et là c’est beaucoup plus grave question « raisonnement » et honnêteté intellectuelle, vous tombez allègrement dans ce qu’il est convenu d’appeler un « procès d’intention ». En effet, vous écrivez: «Le harcèlement peut conduire à l’agression physique dans certains cas ». Oui. « peut ». Tout est là. Comme l’agression physique peut conduire à la violence physique, qui peut conduire au meurtre, qui peut conduire au génocide… On s’arrête où?»

    Parler de « maltraitance sexuelle » pour s’être fait siffler c’est réellement n’importe quoi. Et pourtant, je suis contre, je ne l’ai jamais fait (et ne le ferai probablement jamais). Encore de l’abus de langage.

    Quand le CAVAS dit;
    «Tous les termes suivants correspondent à des gestes ou à des activités qui constituent une agression sexuelle : les baisers à caractère sexuel, les attouchements, la masturbation et le frottement des organes génitaux, le contact oral-génital (fellation et cunnilingus), la pénétration, la production ou le visionnement de matériel pornographique , le harcèlement sexuel, l’ exhibitionnisme, le frotteurisme, le voyeurisme, le viol, l’ abus sexuel et l’ inceste.»

    Je suis partiellement en accord. Mais en ce qui concerne le « baiser à caractère sexuel », il va falloir, encore une fois, qu’on m’explique… Cette définition est purement subjective et pourrait envoyer n’importe quel homme en prison selon la folie manifeste du CAVAS. Encore une fois, ça s’arrête où? Quand le CAVAS fait la liste de ces termes, c’est tout à fait insuffisant pour prouver quoi que ce soit. À ces « ACTES » (rées, concrets, survenus), il faudrait ajouter l’intention + la violence (en raison de l’absence de consentement); et + le contact dans plusieurs cas. Parce que je ne vois pas comment il peut y avoir « viol » sans contact… Si ces éléments sont absents, alors, selon moi, il n’y a PAS agression. Mettre sur le même plan « viol » et « baiser » (à caractère « sexuel » ou pas, de façon objective ou pas), c’est inadmissible et la porte grande ouverte à une guerre hommes/femmes.

    Encore une fois, on s’arrête où?

    Je le répète, parce que ça pourrait ne pas se voir, mais je suis contre les agressions (sexuelles ou pas, sur qui que ce soit), mais je me targue d’un minimum d’honnêteté intellectuelle, de remise en question, du fait de tenter de « peser mes mots ». Et, moi-même, je n’ai jamais été ni accusé, ni condamné ni auteur d’une quelconque agression. Et par « solidarité féminine » (si telle est la raison), je trouve qu’il est inacceptable de faire des amalgames de la sorte. Tout comme, même par « solidarité masculine » je ne prendrai jamais la défense d’un criminel avéré, d’un violeur avéré ou d’un père abuseur. Je ne revendique que l’honnêteté intellectuelle, la lucidité, la non-émotivité et des arguments solides, sains, non ambigus.

    En conclusion, en raison des définitions fantaisistes (que je me retiens d’appeler « criminelles ») du CAVAS ET AUSSI du MSSS et des autres « arguments, je pense que les chiffres et statistiques cités sont plus que jamais sujets à caution (et précaution). J’ai lu suffisamment (rapports, fédéral, provincial, jugements de cour), connu et rencontré suffisamment (politiciens, statisticiens « d’état », etc.) pour ne pas y croire. Ou du moins, y croire « avec un grain de sel », en raison des définitions abusives qui ratissent TRÈS large; et je sais, je sais absolument, que je ne suis pas le seul.

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    • Mon cher, le plus sérieusement du monde, je te dis que tu ne sais pas de quoi tu parles.

      De plus, tu généralise mes propos à des situations qui n’ont pas lieu d’être.

      Je ne discuterai plus de ce sujet avec toi pour le moment, car je pourrais facilement devenir méchante dans mes propos et que je ne suis pas dans le bon état d’esprit en ce moment. Et par ailleurs, ce que j’ai écrit n’avait pas de lien avec rien de ce que j’ai pu lire dans tes articles. Donc n’y vois rien de personnel envers tes écrits ou tes commentaires sur d’autres articles.

      Donc je clorai ici ma discussion avec toi à ce sujet. En toute amitié.

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  2. Je sais bien qu’il n’y avait rien de personnel par rapport à mes autres articles! J’ai juste parlé de ce que j’ai écrit ailleurs pour me « citer », en quelque sorte et exposer un autre angle, puisque ce type de débat a aussi lieu ailleurs et que j’y maintiens la même position.

    Quant au fait de prétendre que « je ne sais pas de quoi je parle », tu es non seulement dans l’erreur la plus totale, mais dans l’affirmation gratuite. Parce que, justement, je sais de quoi je parle.

    Tu as bien entendu le droit de ne plus vouloir échanger avec moi sur le sujet, mais ta phrase « je pourrais facilement devenir méchante » laisse voir, bien malheureusement, que les émotions l’emportent parfois (ou souvent) sur la raison. Et c’est dommage.

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      • De l’émotion ET de la raison dans nos actions? Soit. Je suis d’accord.
        De l’émotion dans nos raisonnements? Non.
        De la raison, seulement, comme le mot le dit.

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