Tout est sémantique

Je ne suis pas un conspirationniste. Je ne crois pas à la planification par le gouvernement américain des attentats du 11 septembre, ni au Nouvel Ordre mondial et encore moins que des hommes-lézards cherchent à dominer le monde. D’ailleurs, semble-t-il que Barack Obama est le plus important représentant de cette race… Je n’ai donc aucune sympathie pour ces idées et ceux qui leur accordent du crédit. Par contre, je crois à une propagande qui se manifeste par le choix de vocables de nos élus.

Tout est sémantique, cela se sait. L’armée a été la première instance publique à le comprendre. Un obus s’abat sur une école? Ne parlons pas de bourde ou pire, du massacre volontaire d’innocents. Appelons cela des « dommages collatéraux ». Une « frappe chirurgicale » devient un bombardement que l’on espère précis et qui ne tuera pas trop de civils. Conséquemment, ce qui est bon pour le bras armé de l’état l’est aussi pour ses représentants. Et depuis quelques mois, nous sommes servis en matière de sémantique douteuse. Philippe Couillard semble être d’ailleurs passé maître dans l’art de dire des termes qui font sourciller.

Pensons uniquement à la fameuse « austérité ». Un mot prohibé par le premier ministre québécois qui préfère parler de « rigueur budgétaire ». Mais bien sûr! C’est plus noble, ça donne l’impression qu’il est un bon gestionnaire, mais ça enlève ce petit goût de yogourt grec (ou espagnol) qui a plongé tout un peuple dans la misère et l’a frustré au point d’élire un gouvernement d’extrême gauche. C’est Françoise David qui doit souhaiter que l’austérité soit présente jusqu’en 2018…

Dans la foulée des attentats de Charlie Hebdo, monsieur Couillard s’est montré particulièrement astucieux. Tout d’abord, ne parlons pas de « djihadistes » à propos des tueurs de Paris, mais des « chevaliers de l’obscurantisme ». Ma foi! Que de poésie pour un homme qui se présente d’abord et avant tout le premier comptable du Québec! Je sais que le djihad coranique n’est pas violent à la base, mais une démarche spirituelle. Toutefois, sans vouloir offenser mes comparses musulmans qui sont déjà suffisamment ostracisés, nous savons que malheureusement ce principe a été détourné – comme tant d’éléments de cette religion – par des fanatiques qui ont souhaité donner un vernis religieux à leur barbarie. Alors, est-ce réellement si terrible de parler de djihadistes? On a aussi remarqué sa confusion entre piété et intégrisme. Le premier signifie une ferveur intense de foi et le deuxième un refus de voir sa société évoluer sous des préceptes religieux rigoristes. Je me demande comment on peut se dire pour les libertés individuelles et à la fois tolérer des mouvances qui sont contre celles-ci.

Le principe est le même quand un Stephen Harper se sert du sentiment contre la gauche dans la région de Québec pour décrier que Radio-Canada est un repaire de gauchistes. Remarquez l’usage du terme « repaire » similaire à quand on parle des mafieux ou des Hells Angels. Ce n’est pas innocent et tout cela sert une propagande contre le diffuseur public qui énervait déjà Trudeau père à l’époque, le traitant de nid de souverainistes. Ce qui montre peut-être que la grande tour est plus neutre qu’on veut nous le faire croire. Bref, les mots prononcés par nos élus ne sont jamais anodins. Ils font partie de stratégies politiques pour gagner l’opinion publique. Dommage que, du même coup, ils alimentent le cynisme ambiant et empoisonnent les débats…

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s