2016 : un début mortel

Tout d’abord, bonne année 2016 à tous! Oui, il faut se rappeler de se la souhaiter parce que, très franchement, elle commence plutôt mal. 2015 nous avait tétanisé dès le départ avec un effroyable attentat à Charlie Hebdo et à l’Hyper Casher de Paris. Cette année, des bombes sautent à Jakarta, l’Iran et l’Arabie Saoudite sont à couteaux tirés et l’austérité et la guerre aux assistés sociaux auront mené à la fermeture d’un centre pour toxicomanes dans l’Outaouais. D’ailleurs, juste pour se remonter le moral, sept des neuf pensionnaires du centre ont pris le chemin de la prison puisqu’ils n’ont pas trouvé d’autre centre de thérapie.

Et pourtant, tous ces sujets – pourtant, primordiaux – sont éclipsés par la disparition successive de géants de l’industrie du divertissement. Et le point commun de ces 3 morts : le cancer. Des cancers différents, bien sûr, mais qui ont enlevé des hommes qui étaient encore en mesure d’être influents. Ce qui fera dire à l’animatrice Marie-France Bazzo ces mots justes:

 

 

Ça commence par Bowie. David de son prénom. Le véritable nom de famille était Jones, mais tous l’avaient oublié. Un artiste à la fois populaire et surréaliste qui continuait à jouer avec les genres musicaux. Personnellement, je n’ai pas eu ce rapport aussi intime que certains avec la musique de Bowie. Trop jeune. Il m’avait surtout marqué dans ma tendre jeunesse avec sa prestation dans Labyrinth qui est probablement un des pires films du regretté Jim Henson. Et pourtant, la prestation de Bowie nous hantait. Il faut dire aussi que le look y était pour quelque chose.

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Et puis, il y a eu des chansons comme Space Oddity qui restent dans la tête dès les premières notes. À 69 ans, il aura laissé un ultime disque, dernière mise en scène d’une mort qu’il savait imminente. Magistrale tombée de rideau s’il en est une.

Les gens de mon âge, et particulièrement les amateurs de fantastique, ont eu un coup de masse en sachant que l’interprète de Rogue dans la saga Harry Potter, Alan Rickman, mourrait aussi du cancer au même âge que Bowie.

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Il fallait tout un interprète pour jouer ce personnage à la fois détestable et humain. Il aura marqué à la pierre blanche cette saga avec un rythme parfaitement trouvé dans le ton. Mister… Potter. Mais Alan Rickman, pour les amateurs de fiction, c’est LE méchant des années 80 avec son Hans Gruber ayant une classe légendaire. Je me rappelle aussi avoir plutôt aimé sa prestation dans Snow Cake.

Et quelques heures plus tard, c’était lui qui partait. Le génie derrière le succès planétaire. Monsieur Angélil.

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Bien sûr, certains diront que l’inévitable s’approchait. Les nouvelles n’étaient déjà pas encourageantes durant l’année 2015. Toutefois, l’être humain est comme cela. Il rêve d’éternité et de fins heureuses où certains triompheraient de la Grande Faucheuse. Hélas, non. Le film ne se finit jamais ainsi. Qu’on aime ou non Céline Dion, il faut admettre que la vision de cet homme aura permis non seulement à celle qui deviendra son épouse, mais aussi à bien des Québécois de percer à l’international.

La majorité n’ont pas égalé la notoriété de la chanteuse, mais l’audace d’Angélil aura envoyé le message que rien n’est impossible pour les artistes québécois. Que nous avions la chance de toucher des publics francophones et même anglophones. Et c’est peut-être pourquoi cette mort nous touche même si le style populaire de Dion ne plaît pas à tout le monde. Parce qu’il a été plus qu’un imprésario ou un gérant. Il a défriché un territoire inconnu et qui semblait inaccessible à ceux qui disaient que les Québécois étaient nés pour un petit pain. Le style de l’homme était parfois brutal – il protégeait sa Céline – et il en voulait un peu à ces gens qui la snobbaient, mais il ne reste pas moins qu’il faut admirer ce qu’il a accompli.

Ainsi, 3 géants de l’industrie du divertissement tombent. Bien sûr, il y a une part d’injustice dans la couverture médiatique démesurée de ces départs. Après tout, bien des gens valeureux meurent dans des conditions plus atroces que ces individus qui ont eu la chance de mourir auprès de leurs proches dans le confort. Toutefois, ce la s’explique très bien. Ces départs sont frappants, car ils rappellent que ces icônes sont aussi fragiles et mortelles que nous. À la différence près que leur héritage s’inscrit d’une façon quasi éternelle. À leurs familles, il faut transmettre nos plus sincères condoléances et à nous, public qui vivons toujours, il devient important de continuer à les garder vivants en profitant ce legs gigantesque qu’ils nous laissent.

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Une réflexion sur “2016 : un début mortel

  1. En effet, une nouvelle année qui débute du plus mauvais pied. Espérons que nous remonterons la pente en février.
    Labyrinthe, un film que j’ai vu dans ma jeunesse et dont je me souviens encore, même si ce n’était pas le film du siècle. Bowie y était étrange et envoûtant.
    Alan Rickman incarnait si bien les méchants, comment ne pas se souvenir de Rogue dans Harry Potter et son passage dans Die Hard fut en effet marquant.
    Que dire de René Angélil… un grand de ce monde qui a fait rayonner le Québec et les Québécois à travers le monde.

    Un bien triste départ…

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