Un peu d’Histoire

J’aime beaucoup l’Histoire, celle avec un grand H. Quand j’étais au secondaire, j’appréciais tout particulièrement les civilisations anciennes, vous savez les Romains, la Grèce antique, la civilisation égyptienne et les nombreux dieux qui les accompagnaient. Ces trois sujets étaient mes préférés, venait ensuite le Moyen-Âge. Je m’intéressais assez peu à l’histoire du Canada, la «découverte» des Amériques etc. Je ne trouvais pas cela intéressant, surtout je crois parce que ma professeur de secondaire 4, qui enseignait l’histoire du Canada, était relativement plate et soporifique. Et que les livres qui l’accompagnaient l’étaient encore plus.

Depuis relativement peu de temps, quelques mois, peut-être quelques années, je m’intéresse davantage à l’histoire du Québec et Canada. En fait, ce qui m’intéresse surtout c’est le point de vue des relations humaines de l’histoire de mon pays. Comment et pourquoi ont débuté et se sont poursuivis les relations entre les trois peuples fondateurs du Canada (si on tien compte du fait que tous les amérindiens sont un seul peuple, ce qui n’est pas le cas, ils sont constitués de plusieurs peuples regroupés sous une seule appellation).

Je lisais La Presse + ce matin. Il y avait un article intéressant sur le 375e anniversaire de la fondation de la ville de Montréal (Qc, Canada) :«Au commencement était Hochelaga» –  André Duchesne.

Je m’étonne toujours de constater comment les explorateurs Français ont été bien accueillis par les Amérindiens de l’époque et comment tout cela (excusez la vulgarité de l’expression) a chié avec l’arrivée des Anglais et la victoire de l’Angleterre sur la France. Est-ce parce que les Français ne venaient pas en conquérants, mais cherchaient plutôt un passage vers les Indes et cherchaient à tirer profit des fourrures et que donc, avaient plus intérêt à se faire des alliés plutôt que des ennemis ?

«Le 19 mai 1535, appareillant à Saint-Malo, Jacques Cartier et son équipage partent en mer. Direction : l’Amérique. Leur mission : trouver de l’or et d’autres métaux précieux. Et, mieux encore, un passage vers l’Asie.» – André Duchesne, La Presse +, 2016-05-16.

Alors que les Anglais, comme les Espagnols et Portugais de l’époque voulaient conquérir et prendre possession du territoire quand ils sont arrivés dans les Amériques.

Voici un petit extrait de Mythes et réalités sur les peuples autochtones (Pierre Lepage Direction de l’éducation et de la coopération, Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, Québec (2009), p. 3-5), qui nous donne un peu plus d’informations sur le sujet.

http://www.cdpdj.qc.ca/Publications/Mythes-Realites.pdf

«Ce qui a modelé les relations entre Français et Amérindiens, c’est avant tout le commerce, la traite des fourrures. Cette activité exigeait la collaboration et le bon voisinage avec les trappeurs et commerçants amérindiens. Ce n’est pas en dominant et en soumettant ces collectivités que ce commerce pouvait être assuré. Il n’y avait qu’une façon de faire : se lier d’amitié et maintenir de bonnes relations. Plutôt que par la conquête et par la force, c’est en favorisant des alliances commerciales et militaires, en concluant de nombreux traités de paix et d’amitié que les relations entre les deux peuples se sont solidifiées. Et c’est tant mieux! Voilà un volet de notre histoire que nous pouvons évoquer avec fierté. Il faut bien admettre que le fait de conclure de telles alliances et traités impliquait, sur le plan politique du moins, que l’on reconnaissait ces peuples comme des interlocuteurs égaux qui étaient maîtres des lieux. Sur les terres nouvellement «découvertes» par les Européens, les autochtones exerçaient, de fait, une souveraineté. Et pour alimenter l’industrie de la fourrure, il fallait que les Amérindiens puissent rester libres d’utiliser leurs propres territoires. Cela allait de soi. C’est donc avec des « alliés » plutôt qu’avec des « sujets du roi » qu’il a fallu composer. Sous le Régime français, les Amérindiens ne furent d’ailleurs pas soumis à la taxation et aux impôts. Ils ne furent pas soumis non plus aux lois pénales et civiles françaises. D’ailleurs, lors de la capitulation de Montréal en 1760, le gouverneur français, Vaudreuil, va exiger de son vis-à-vis anglais la protection de ces alliés. L’article 40 de l’Acte de capitulation de Montréal est éloquent : «Les sauvages ou indiens alliés de sa majesté très chrétienne seront maintenus dans les terres qu’ils habitent, s’ils veulent y rester, ils ne pourront estre inquiétés sous quelque prétexte que ce puisse estre, pour avoir pris les armes et servi sa majesté très chrétienne. Ils auront comme les François, la liberté de religion et conserveront leurs missionnaires.»  Bien sûr, il y a eu conquête en 1760. Mais il s’agit bien, ne l’oublions pas, de la victoire, en Amérique du Nord, de l’Angleterre sur la France et non sur les nations autochtones. Il est est intéressant d’ailleurs de constater que durant la période qui a précédé la capitulation, plusieurs nations amérindiennes ont tenu à affirmer leur neutralité dans la guerre qui opposait les Français et les Anglais. Un collier de wampums, précieusement conservé en milieu amérindien depuis cette période, en témoigne. Nos manuels d’histoire ont malheureusement accordé peu d’importance à ces archives amérindiennes.

COOPÉRATION PLUTÔT QUE DOMINATION « Le commerce des fourrures se différencie des autres systèmes d’exploitation coloniale. Contrairement à l’agriculture et à l’industrie qui nécessitent un bouleversement de l’environnement, la propriété du sol et la servitude, la fourrure exige le maintien du milieu et la coopération des populations locales. Cette collaboration tranche quelque peu avec l’idéologie coloniale en cours où priment les rapports de domination. À nul autre moment de l’histoire américaine, l’Européen ne fut aussi proche de l’environnement et de l’Indien. De cette osmose forcée va naître un personnage original, écartelé entre deux cultures : le commis, le coureur de bois, le trappeur, “ les hommes de la fourrure ” ne peuvent assurer le contrôle de la production sans entretenir des relations amicales avec les Indiens, relations d’autant plus étroites qu’ils doivent affronter un milieu naturel inconnu. » (Jacquin, 1996 : 13)

DES ALLIÉS PLUTÔT QUE DES SUJETS DU ROI « On laisse entendre qu’ “ à la conquête, les Indiens, sujets du roi de France, devinrent sujets du roi d’Angleterre ”. L’Acte de capitulation de Montréal énonce pourtant que “ les Indiens alliés de Sa Majesté très Chrétienne seront maintenus dans les terres qu’ils habitent, s’ils veulent y rester ”. D’ailleurs, l’histoire nous démontre que, de Champlain à Vaudreuil, l’autorité française en Amérique ne tenta jamais d’assujettir les Amérindiens contre leur gré, puisque se les aliéner eut signifié, pour les Français, la fin de leur lucratif commerce de fourrures dont les Amérindiens constituaient un des rouages les plus importants. » (Dionne, 1983 : 11)

Le documentaire «L’Empreinte» dont la narration est faite par le comédien/acteur Roy Dupuis nous donne aussi une perspective intéressante sur les relations entre les amérindiens et le peuple canadien-français. Le but n’est pas d’idéaliser nos origines, mais plutôt de mieux se comprendre les uns et les autres. Et en cela, les Québécois se cherchent encore.

Où est-ce que je veux en venir avec tout ça ? Je ne sais pas trop… Je me cherche aussi faut croire.

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Une réflexion sur “Un peu d’Histoire

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