La féministe en moi

Féministe et militante

Mon beau-frère m’a dit l’autre jour que j’étais une féministe militante. Ce n’était pas une critique ni un compliment, simplement l’énoncé d’un fait. Ça m’a un peu surprise, car je ne me percevais pas de cette manière. Pourtant, il est vrai que disons depuis deux ans, peut-être trois, je lis beaucoup plus d’articles sur les femmes en général, que ce soit en lien avec le spirituel, la biologie, la santé, la politique, le social ou autres. Il est vrai aussi que je partage sur Facebook et parfois sur mon blogue plein de trucs en lien avec le féminin. J’ai aussi suivi deux formations sur la spiritualité féminine, le divin féminin et comment aider les femmes à se reconnecter avec leur partie divine, la Déesse en nous. Est-ce que cela fait de moi une féministe ? Probablement. Pourquoi alors ais-je l’impression que ce mot a une connotation négative ?

feminisme

Qu’est-ce que le féminisme ?

J’essaye de partager des choses, des images et des informations constructives. Il y a tellement de désinformation de nos jours, il est parfois difficile de départager le vrai du faux, le presque vrai du pas tout à fait faux.

Revenons-en au féminisme. Qu’est-ce que le féminisme ? Un mot souvent galvaudé et utilisé à plusieurs sauces, pas toujours les meilleures. Selon Wikipédia : «Le féminisme est un ensemble de mouvements et d’idées politiques, philosophiques et sociaux, qui partagent un but commun : définir, établir et atteindre l’égalité politique, économique, culturelle, personnelle, sociale et juridique entre les femmes et les hommes.» Le Larousse quant à lui, y va simplement d’un «Mouvement militant pour l’amélioration et l’extension du rôle et des droits des femmes dans la société.» Je préfère la définition de Wikipédia, je la trouve davantage précise, englobante et moins réductrice.

Il ne s’agit pas ici de réduire le rôle de l’homme, ni de diminuer son apport à la société et encore moins de le dénigrer d’une quelconque façon. Le féminisme parle d’égalité des sexes. La femme n’est pas plus ni moins que l’homme, mais son égale, et ce, même si elle est différente sur le plan biologique, intellectuel, spirituel et que sais-je encore. Bien qu’encore là, on ne soit pas si différente que ça. Nous avons une infinité de variations, tout comme les hommes.

On appelle le patriarcat, une société dirigée par les hommes; on appelle matriarcat, une société dirigée par les femmes. Mais comment appelle-t-on une société dirigée par les deux sexes en part égale ? J’aimerais l’appeler une société humaine.

Je rêve du jour où l’on cessera continuellement de se comparer, de se dire qu’on est plus ou moins que les autres, hommes ou femmes, peu importe la diversité. Ou quand on parlera des malheurs des uns, cela ne rendra pas moindre le malheur des autres. C’est une utopie bien sûr. L’humain étant ce qu’il est, je ne crois pas que cela arrive un jour. Il faudrait pour cela commencer à s’accepter soi-même tel que nous sommes à l’intérieur et à l’extérieur. Acceptez et respectez nos défauts, nos coins ronds. Acceptez et respectez notre corps tel qu’il est. Pourtant, en ce moment, dès qu’on discute par exemple des maux vécus par les femmes violentées, on dit «ah, mais les hommes aussi sont violentés» ou encore «ah on blâme toujours les hommes, mais les femmes aussi sont violentes». Mais bien sûr, voyons ! Discuter d’un problème cela ne veut pas dire nier les autres problèmes.

Avec les médias (sociaux et traditionnels), le culte du corps parfait (selon les critères du moment), la beauté et la jeunesse y sont tellement mis à l’avant-plan qu’il est difficile de s’accepter physiquement. Et que dire de l’effet psychologique de ces messages. Nous sommes bombardés de message nous disant que nous sommes trop ou pas assez. Et quand ce ne sont pas les médias qui désirent nous vendre le dernier truc à la mode, le bidule techno du moment, ce sont les gourous religieux, sociaux et politiques qui souhaitent nous rendre plus dociles et manipulables. Les deux travaillent main dans la main pour nous rendre si mal dans notre peau qu’ils puissent ainsi nous manipuler à leur guise et nous faire faire ou ne pas faire ce qu’ils veulent. Nous sommes le troupeau et ils sont nos «bons» bergers. Vous ne pouvez pas savoir à quel point cela m’irrite de me faire dire quoi faire, quoi penser, comment m’habiller, quoi et comment manger, etc. Toujours en train de nous infantiliser au lieu de nous rendre matures et responsables.

Qu’est-ce que la Femme ?

On exige beaucoup, on exige toujours plus des femmes. La société exige aussi beaucoup des hommes, mais (à mon humble avis) pas autant qu’elle en exige des femmes. Ceci sans nier ou amoindrir tout ce que les hommes doivent endurer et accomplir tous les jours pour prouver qu’ils sont des vrais hommes à la hauteur de ce qu’on attend des hommes. Mais laissons cela pour un autre jour, voulez-vous ?

Nous les femmes, on se fait souvent dire que nous ne sommes jamais assez ou que nous sommes toujours trop. Je connais ma valeur, j’ai confiance en moi, on me dit que je suis arrogante. Je ne dis rien, on dit que je ne suis pas assez démonstrative. Je m’exprime ouvertement, on dit que je suis trop émotive ou hystérique. J’énonce un fait, on dit que je revendique. Je ne fais pas de câlins, on dit que je ne suis pas sociable. Je ne m’amuse pas parmi des inconnus ni quand la musique est trop forte, on dit que je ne sais pas m’amuser. Je m’habille en mou, on dit que je ne prends pas soin de mon apparence. Je couvre mes attraits physiques, on dit que je suis prude. Je m’habille sexy et je deviens soudainement dévergondée et provocatrice.  Je ne porte pas de brassière, j’ai les mamelons qui pointent naturellement depuis que j’ai allaité mes deux enfants, on suggère que je recherche la convoitise des hommes. Il fait chaud, j’ai la jupe ou les shorts courts, on chuchote que je cherche à me faire violer. J’ai les aisselles, les jambes ou l’entrejambe velues, on me voit sale et dégoutante. Je me maquille, je ne suis pas naturelle. Je ne me maquille pas, je ne suis pas féminine. J’aime les choses fancy, les bijoux qui brillent et les tenues à la dernière mode ou chic, je deviens snob, hautaine et peut-être même un peu idiote. J’aime que les choses soient bien faites, je suis toujours insatisfaite. Je suis instruite, j’aime les livres et apprendre de nouvelles choses, je suis nerd et cérébrale. J’aime me caresser, je suis d’humeur folichonne et coquine, je suis pute et salope. Ça ne me tente pas aujourd’hui et je suis un peu bête, je suis mal baisée et surement menstruée. Et ainsi de suite… Ça n’a jamais de fin. Les autres, hommes et femmes, notre entourage nous jugent constamment. Mais le pire, c’est nous même. Nous intégrons ces messages et on finit par se les répéter nous-même, devenant ainsi notre propre pire ennemie.

«Il n’y aura pas de libération sociale sans la fin du patriarcat» – Abdullah Öcalan, leader kurde en Turquie.[1]

Je ne sais pas pour vous, mais moi j’en ai vraiment marre de tous ces diktats, de tous ces biens pensants, mollahs, imams, rabbins, curés, prêtres, politiciens, professeurs, psychologues, médecins, philosophes, patrons, collègues, parentés, humains en tout genre et en tout lieu qui me dictent comment je dois exprimer et ne pas exprimer ma féminité, quel genre de femme je dois être.

Alors si m’exprimer sur la féminité c’est être féministe, alors je clame haut et fort mon féminisme. Et si instruire, communiquer et parler des choses de femmes aux femmes et aux hommes qui veulent les entendre ou les lire, c’est être militante, alors oui, je clame haut et fort mon militantisme.

Et il serait temps également que certains hommes cessent de voir les femmes comme des ennemies ou comme des choses à posséder ou à contrôler et qu’ils s’allient enfin à elles comme partenaires de vie en toute égalité. Et certaines femmes devraient également faire de même.

French philospher and writer (L-R) Jean-Paul Sartre (1905 - 1980) and feminist writer and philosopher Simone de Beauvoir (1908 - 1986) sit together at a public event, circa 1970s. (Photo by RDA/Archive France/Getty Images)

Le philosophe et écrivain français Jean-Paul Sartre (1905 – 1980)et l’écrivaine féministe et philosophe Simone de Beauvoir (1908 – 1986) assis ensemble à un événement public en 1970. (Photo by RDA/Archive France/Getty Images)

Sur ce, je vous salue et je vous invite à visiter mon blogue pour discuter un peu plus du cycle divin/humain de la femme, car en lien avec le présent article, je viens d’y publier une chronique à ce sujet.

[1] http://plus.lapresse.ca/screens/56717dce-e729-45da-a150-9c3e0a2bec34%7C_0.html

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2 réflexions sur “La féministe en moi

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