Ces guerriers qui gâchent tout

Donald Trump, président des États-Unis… Je vous avoue que ça ne donne pas le goût d’écrire. Ça donne plutôt envie de se cacher sous une couette en attendant que nos voisins du Sud, la Corée du Nord, la Russie ou la Chine fasse sauter la planète. Comprenez-moi bien, je n’avais aucune sympathie pour Hillary Clinton. Zéro. C’était une arriviste faussement progressiste et qui a ajouté cet aspect à sa campagne uniquement parce que Bernie Sanders lui soufflait dans le cou. D’ailleurs, si son parti avait été honnête et permis une VRAIE course et non pas un couronnement déguisé, les jeunes auraient peut-être été moins aigris et seraient sortis voter pour elle en plus grand nombre. Mais au moins, ça ne serait pas un milliardaire puéril qui préfère regarder la télévision plutôt que de lire des rapports de ses services secrets.

D’autant plus que je me rappelle un Donald Trump qui disait que contrairement à Clinton ou son adversaire à la primaire Ted Cruz éloignerait les gens de Goldman Sachs et de Wall Street pour s’intéresser au peuple. Je n’y croyais pas à l’époque et les nominations de l’exécrable président m’auront donné raison : Wall Street est confortablement installée à la Maison-Blanche et pousse enfin à détruire toutes les régulations faites à la suite de la crise économique de 2008. Ce qui signifie qu’une prochaine devrait arriver d’ici 5 ou 10 ans, peut-être plus tôt.

Dans les jours, semaines et mois qui ont suivi l’élection du président orange, tous se sont demandé ce qui s’était passé. Comment un homme qui avait pratiquement admis des inconduites sexuelles (« Grab’em by the pussy » va malheureusement rester à l’histoire) avait-il pu être élu? Beaucoup ont dit que c’était un refus de « l’establishment » et des biens pensants. Ce dernier mot m’a fait réfléchir. Et si de supposés guerriers du progrès ont suscité un mouvement inverse à ce qu’ils souhaitaient?

Vous avez sûrement entendu parler du terme péjoratif « Social Justice Warrior » (les guerriers de la justice sociale). Jusqu’à maintenant, je croyais que c’était surtout une façon pour les conservateurs de rabrouer une parole progressiste. Et puis, j’ai commencé à voir la pensée de ces gens… et à développer une frustration. Parce que ce ne sont pas des progressistes. Ils peuvent prétendre qu’ils le sont, mais je n’y crois pas une seconde. Je perçois surtout des personnes qui se donnent une stature morale afin de pouvoir crier et culpabiliser tout le monde.

Ce sont des trolls du côté gauche de la barrière. Ils ne cessent de hurler au privilège de l’homme blanc et à l’oppression du modèle « cisgenre » (qui était au départ uniquement un terme pour décrire des gens s’identifiant à leur sexe, mais qui est devenue une insulte). En espérant… Je ne sais pas. Que soudainement les individus changent avec des pointements de doigt? Or, pour susciter un changement, il faut faire plus que crier sur Internet, il faut agir. Quelqu’un sur mon fil Facebook a partagé cette comparaison que j’aime beaucoup. Un immeuble n’a pas adapté son entrée pour les personnes handicapées. Situation effectivement inacceptable et souvent acceptée pour sauver des « coûts » en oubliant cette minorité de gens. Les progressistes travaillent à ce que l’administration de l’édifice se plie à la demande et pose une rampe pour les fauteuils roulants. Les Social Justice Warriors culpabilisent tous ceux qui marchent sur leurs deux jambes.

Peut-être sont-ils sincères dans leur démarche, mais si c’est le cas, ils devraient se rendre compte qu’actuellement leurs actes poussent les sociétés vers le contraire. Ce mouvement d’extrême-droite qui se vit en Occident est celui de l’incapacité de noter le vrai problème de société, c’est-à-dire l’économie néo-libérale qui nous étouffe tous au profit de quelques-uns. Alors, des dirigeants autocratiques suggèrent un repli sur soi et, surtout, de pointer les autres comme responsables de la débâcle sans proposer un différent modèle économique et social. Bref, c’est la faute des Noirs, Arabes, Latinos, féministes, environnementalistes, LGBTQ+, drogués, etc. Or, ce n’est pas en confortant la population qui se sent « opprimée par la bien-pensance » avec de la culpabilisation qu’on changera la donne.

Il faut être constructif. Montrer pourquoi, par des FAITS (et pas juste des impressions et émotions) ils ne méritent pas d’être des boucs émissaires. Évidemment que la tâche sera longue et malheureusement, je sens chez ces SJW une volonté de ne surtout rien faire d’autre que d’écrire sur Internet. Il faudra lutter encore et toujours. La marche des femmes faite à la suite de l’assermentation de Trump me semble une belle démonstration. Pareil pour les manifestations dans les aéroports sur cette interdiction arbitraire et ne visant que les musulmans. Bien sûr que ce sera long et il faudra se battre contre des « faits inventés » et impressions. Mais il faudra être calme. Ou en tout cas, plus en contrôle que l’extrême-droite qui serre les dents en ce moment. Accepter de changer les choses une étape à la fois.

D’autant plus que d’autres guerriers se dressent de l’autre côté. Ceux du statu quo (SQW). Ceux qui ne veulent pas et ne comprennent pas pourquoi il faut assurer des droits à des minorités ou tout simplement une représentation médiatique un peu plus grande. Qui ont l’impression que la vie est un jeu où donner des droits à d’autres signifie en perdre de son côté. Ce qui est faux, bien sûr, mais il sera difficile de les convaincre. Il est donc nécessaire d’avoir un mouvement progressiste qui pourra « combattre » les propos des SQW et des SJW qui ne font que jeter de l’huile sur un feu déjà bien nourri que celui du conservatisme. Une lutte qui s’avérera épuisante pour les progressistes.

Sinon, on peut toujours se cacher sous la couette si ça vous dit.

IllustrationKrzysztofTe Foto Blog via Foter.com / CC BY-NC-ND

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Une réflexion sur “Ces guerriers qui gâchent tout

  1. Salut!

    Je conteste énergiquement et vigoureusement cet énoncé fantaisiste! :
    «…nos voisins du Sud, la Corée du Nord, la Russie ou la Chine»

    Notre seul « voisin du Sud » est le Mexique!
    – La Corée du Nord (est… au Nord…) ET aussi à l’est ou à l’Ouest selon la direction vers laquelle on regarde…
    – La Russie est « plutôt au Nord » (à moins qu’elle ne soit voisine du Mexique grâce aux boins soins de Cuba?? 🙂 Et quand bien même, elle ne serait toujours pas « voisine »…. La Russie, comme la Corée du Nord est elle aussi à l’Est ou à l’Ouest selon la direction vers laquelle on regarde…
    – La Chine? Mêmes remarques que pour le Russie!

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